
RandoWF Lambert, Mathieu, Marcel, Mon Grand-père et les Autres 1914-1918.
Aujourd’hui, date de la commémoration du 11 novembre (plus de nonante ans après l’armistice) en cette année 2009 ,des images et mes souvenirs chronologiques me reviennent aussi.
Petit, j’étais enfant dans un « petit » hameau de sept maisons, je devrais, plutôt dire, six maisons et une ferme.
J’ai adoré mon enfance, même si à ce moment je ne pouvais imaginer qu’ailleurs des enfants pouvaient vivre autrement que moi. Nous n’étions pas riches, loin de là, mais nous vivions avec mes parents et grands-parents en autarcie. Deux vaches et un veau à l’étable, une ânesse (madounette ma chouchoutte, je me souviens toujours de l’odeur de son poil), des lapins, des poules (et un coq), des canards, des oies dont une vieille immangeable ( ma dédét sur laquelle, je m’asseyais), un grand jardin plein de légumes et pommes de terre, un verger plein de fruits différents, et surtout un air pur loin de toute pollution.
Un jour je vous reparlerai de cette époque…..
Mais, le jour du 11 novembre, nous nous réunissions (j’étais fier d’en être) à la ferme, entre hommes et ce pour parler de la guerre (pas 40-45) mais de la Grande (1914/1918), la seule qui comptait au hameau où nous n’avions pas vu les américains en 1944/45, mais perdus des fils en 14/18. Ce jour là était pour moi, incompréhensible, je voyais des hommes âgés (plus de soixante ans) pleurer (en se cachant dans leur mouchoir et en faisant sembler de tousser) et en se relevant une larme à l’œil pour remettre une tournée de « gouttes ».
Jamais en dehors de cette journée, je n’ai entendu parler de la guerre….C’était sacré, ce moment était réservé au 11 novembre, délicatesse, respect de ceux qui y étaient restés, sans doute.
Mathieu était dans l’infanterie……après les attaques, il allait soulever les bâches couvrant les morts des chasseurs à cheval (lanciers) qui étaient souvent en premières lignes, pour voir si son frère n’y était pas ! Lambert blessé fortement, et hospitalisé, ne fut pas reconnu par son frère lors d’une visite, il lui demanda son chemin dans les couloirs de l’hôpital…. Le mari de la sœur de ma marraine, s’enlisa dans la vase flamande. Mon Grand-père soigna ….jusqu’à 1919 ses frères de combat.
Tous ces hommes échangeaient, blagues et souvenirs et pleuraient abondamment devant les verres de péket et moi petit bonhomme, je prenais note dans ma tête du livre que je voulais écrire……..pour leur mémoire.
Ce livre cela sera pour bientôt. Raymond.